Philippe Ioset

sculpture

 

Je n’avais pas prévu…
… de crier « Terre ! » un 23 juillet 1960.
… de me casser le bras à la leçon de gymnastique.
… d’aller, gamin, 6 ans de suite en vacances à la mer à Cesenatico.
… de faire un apprentissage de mécanicien-électronicien.
… de travailler chez Swissair et de voyager 36 fois en 36 mois.
… de rencontrer Adriana à Buenos Aires.
… de me marier, d’avoir 2 enfants et 5 petits-enfants.
… de faire le tour de l’Argentine en stop pendant 6 mois.
… de faire 100 jours de prison comme objecteur de conscience.
… de changer de profession et…
… de travailler 20 ans comme éducateur avec des toxicomanes.
… d’avoir un cancer et de subir 6 mois de chimiothérapie.
… de transformer une ancienne menuiserie en galerie d’art.
… de ramasser des bouts de ferraille, de les tordre ou de les redresser,
de les souder, d’en faire des objets, des sculptures et…
… de me rendre compte que ça m’aidait à revivre et à me reconstruire
après la maladie.

Mais…
… cette pelle non plus n’avait pas prévu qu’elle serait transformée
en libellule.
… toutes ces vis (j’en ai reçu une tonne, c’est-à-dire 1000 kilos !)
imaginaient-elles devenir fleurs, pyramide ou plumage de chouette ?
… si l’on avait dit à ce sécateur qu’il deviendrait bec de poule ?
… ces clés à fourche, pensaient-elles devenir pattes de crabe ?
… cette citerne à mazout non plus n’avait pas prévu qu’elle serait
transformée en troll scandinave, en tortues et en dinosaure.

Et vous ? Qu’aviez-vous prévu ?

Philippe Ioset, avril 2026

Mon parcours en bref :

Né en 1960 à St-Ursanne (Jura), j’ai vécu toute ma scolarité obligatoire à Saignelégier.

Mécanicien-électronicien de profession, j’ai été tour à tour électricien-avions chez Swissair, globe-trotter en Amérique du Sud, éducateur pour toxicomanes, rescapé d’un cancer, galeriste, formateur d’adultes, sculpteur (fer de récupération). J’apprécie de donner une seconde vie aux déchets métalliques.

Ma technique et mon art :

Depuis 1989, je récupère et transforme les déchets ferreux destinés à la poubelle. Je chauffe, découpe, tords et soude cette matière première et la détourne afin de lui donner une deuxième vie. Ainsi transformés, des animaux réels ou imaginaires, des sculptures abstraites ou figuratives, surgissent de mon univers et de mes mains dans mon atelier de Fleurier, dans le Val-de-Travers

J’aime vivre au jour le jour et j’affirme que le plus beau des voyages est certainement le voyage intérieur.

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